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 Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)

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Warui XIII
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MessageSujet: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Mer 4 Oct - 11:05

Le lendemain matin de l'arrivée de Siiko au manoir des Sytha, Warui fût réveillée par Loke qui l'avait rejointe sur son lit. Il lui léchait la joue et lui piétinait le ventre. La Faryd souleva le dragonnet et le déposa à ses pieds, se frotta le visage pour se réveiller et se leva en s'étirant et baillant.

- Bon matin, Siiko.

Elle alla chercher quelques vêtements et se changea derrière un rideau dans un coin. Un pantalon, une chemise, une veste, rien de bien particulier excepté pour un foulard agrémenter de sa broche familiale.

- On se rend à la salle d'audience, Maman et Papa devraient nous attendre.

Ses parents ne devraient pas être les seuls à les attendre non plus. Elle devrait rattraper sa leçon d'hier sans faille et elle savait que Zima et Shel seraient au rendez-vous. Elleira les avait rapidement intégré malgré leur status. Warui ignorait tout l'histoire entourant les deux Targavin, Surric lui avait mentionné un échange d'intérêts mais parfois les regards des autres familles lui disaient le contraire. Bien sûr, personne n'osait contredire Elleira, elle portait très bien son nom de famille et encore mieux son vrai prénom.

La jeune Faryd albino conduisit Siiko avec elle, Loke sur ses talons, saluant tout le monde sur leur passage, les autres leur rendant la pareil, parfois en restant surpris de voir une humaine vêtue comme eux. Les grandes portes menant à la salle d'audience étaient lourdes, épaisses, en bois foncé renforcé de plaques de métal et décorées de runes et de gravures. Pourtant, Gersemi poussa l'une d'entre elles avec facilité et douceur, sans le moindre bruit.

Une énorme salle illuminée par des chandeliers suspendus par magie, un grand escalier plus haut qu'un vouivre sur ses pattes arrières, un balcon de chaque côté à l'étage pour accueillir le plus de gens possible, des arches de bois soutenant le plafond, décorées de tapisseries, deux longues tables au centre de la salle, un grand feu au milieu. Vers le fond de tout, une estrade de deux ou trois marches où se trouvaient un trône de chêne millénaire, rendu lisse par les génération de jarls l'ayant occupé. Surric était nonchalamment accoté sur le siège, attendant les deux jeunes filles. Zima et son frère étaient à une des tables du centre. Sur le trône, les mains posées sur son genoux, les jambes croisées, ses quatre queues reposant confortablement autour d'elle, Elleira les attendait, avec toute la prestance et la grâce d'une chef, elle était reine chez elle et à chaque fois que Warui voyait sa mère ainsi, elle brillait de fierté.

La jarl regarda sa fille et Siiko un moment avant de tourner la tête vers Zima et Shelumiel pour revenir à la jeune humaine.

- Je peux en déduire que la décision a déjà été prise? demanda Elleira avec un léger sourire en coin.

Warui regarda Siiko et lui fit signe de la tête qu'elle pouvait répondre. Si elle voulait rester, c'était à l'enfant de le dire et la matriarche lui reconnaissait ce droit.

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Siiko
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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Mer 4 Oct - 12:38

Siiko avait subi le même réveil que Warui. Loke venait de la piétiner et la sortit de ses rêves. La voix de Warui lui assura que les événements de la veille n'en étaient pas. Non, elle ne s'était pas réveillée dans sa chambre à Hyi mais bien dans celle de Warui en Syab. Elle salua son amie (ou sœur ? Elle ne savait se décider) et saisit les vêtements qu'on lui avait donnés. Alors qu'elle s'habillait, la Faryd lui rappela que ses parents attendaient sa décision. Siiko hocha la tête et se dépêcha. Puis, les deux filles descendirent ensemble jusqu'à la salle.

Siiko envoya quelques saluts aux Farïd qu'elles croisaient. Enfin, ceux qui lui semblaient sympathiques car elle ne recevait que des regards étonnés et des froncements de sourcils. Elle décida de les ignorer, un peu apeurée de penser qu'elle ne serait jamais considérée comme un membre de cette famille. Mais elle se reprit en se disant qu'il leur faudrait beaucoup de temps.

Quand elles entrèrent dans la salle, les chandeliers éblouirent Siiko qui était à peine réveillée. Malgré la magnifique décoration, elle avait l'impression qu'elle allait être jugée pour un vol. Ces gens tout autour ne la mettaient pas à l'aise mais elle gardait la tête haute. Qu'allaient-ils penser de sa décision ? Siiko savait que personne ne pourrait revenir sur celle de la jarl. Et de toute façon, tout ce qui comptait pour elle, c'était passer ses journées avec Warui et les vouivres !

Elleira regarda les filles à tour de rôle. Ses yeux s'appuyèrent aussi sur deux Farïd assis à une table, au centre. L'un, blanc aux yeux noirs, semblait plus jeune que Siiko et aussi espiègle qu'elle. L'autre était une femelle au pelage brun clair et possédait des anneaux et des bijoux qui se mêlaient à sa longue chevelure. Petite, elle aussi, elle avait l'air d'être plus vieille que le premier. Qui étaient-ils ? Des gens de la famille ? Le frère et la sœur de Warui ? Siiko n'allait pas tarder à le savoir.

Elleira lui posa LA question et un silence attentif tomba dans la salle. Warui lui fit signe de la tête que c'était à son tour de parler. Siiko s'éclaircit la gorge et déclara :

- Je vous remercie pour votre hospitalité, ma Dame. J'apprécie beaucoup la chaleur de votre maison et... je souhaiterai y vivre et servir cette famille.

Ce discours, elle se l'était répété sans cesse de la chambre jusqu'à cette salle. Le poids de sa réponse s'envola et se dispersa dans la salle. Siiko attendit les diverses réactions.
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Zima Targavin
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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Jeu 5 Oct - 14:27

Avant même que Shasta ne se soit réveillé j'étais déjà habillée de pied en cape, prête à le seconder pour trouver la tenue la plus adaptée à l'audience qui nous attend aujourd'hui, au matin même ; ce que je dois en penser m'échappe à chaque fois que je tente d'y réfléchir et aucune des informations données par notre jarl de Woktal ne me permet une supposition plus stable que friable. Dans le doute, je préfère m'attendre à quelque chose de très académique – la situation sort de l'ordinaire, mais je suppose que partir de ce pied ne me fera pas défaut. Mon empressement trouve un contre-poids de taille dans l'attitude traînante du petit Shasta au matin : il semble décidé à prendre son temps et n'accepte qu'avec mauvaise grâce de remettre son repas à plus tard – une promesse qu'il ne tient déjà plus une fois arrivé au niveau des cuisines, puisque le temps de me retourner et je le retrouve la bouche pleine en train de farcir sa sacoche de tous les aliments qu'il n'a pas réussi à faire tenir dans ses joues. Je soupire en me disant que, de toute façon, Shel sait tout se faire pardonner ; puis je pousse les portes de la salle. Les lieux sont écrasants de hauteur et la majesté simple de leur décor : les seules démonstrations de magie sont appliquées aux luminaires qui flottent paresseusement près du plafond et dont l'éclat fait papillonner les paupières encore mal réveillées de mon petit frère. Elleira est déjà là, accompagnée de son époux. Tous deux nous attendent et nous invitent à nous asseoir le temps que les autres intéressés nous rejoignent – Warui, bien sûr, qui n'a pas cru bon de me prévenir de son absence à la leçon d'hier, mais surtout une deuxième jeune fille qui doit arriver. Assise à l'équerre, j'écoute patiemment ses explications, troublées seulement par les bruits de mastication appliquée de Shasta. Il s'agit apparemment d'enseigner la magie à cette jeune personne, ce à quoi je ne vois aucun inconvénient, le gîte – mais surtout le couvert, vu la longueur du petit-déjeuner de mon cadet – nous étant offert. Alors que je m'apprête à faire part de mon assentiment, la jarl m'intime avec un sourire d'attendre que Siiko soit là pour que je m'en fasse une idée par moi-même. Je crois saisir pourquoi quand, peu de temps après (temps pendant lequel mon jeune frère a partagé son butin avec tout ceux qui en voulaient), Warui franchit le seuil, suivie d'une petite humaine dont la figure blanche contraste curieusement avec l'habillement autochtone.

La jarl s'avance vers elle, accueillante, en même temps qu'elle échange un regard avec nous qui sommes encore attablés pour prendre note de notre réaction : Shel, tout sourires, est resté fidèle à lui-même et a aimablement salué les deux jeunes femmes à leur entrée ; pour ma part, je reste dans l'expectative, curieuse d'entendre la suite.

Siiko, à la question du jarl, présente humblement son acceptation à ce que je suppose être la proposition qui m'a été faite plus tôt. Sa déclaration est suivie d'un silence pendant lequel les yeux et les oreilles s'orientent peu à peu vers moi. Je ne sais pas si je dois rester assise ou me lever mais pour éviter que le poids de cette attention ne me tasse trop sur mon siège, je choisis de me tenir sur mes deux jambes et de regarder la jarl bien en face, malgré une voix qui se termine en légers trémolos.
    « Jarl Elleira Sytha de Woktal, si votre souhait est que je veille à l'éducation de mademoiselle Siiko, je ne reviendrai pas sur cette décision et m'en acquitterai avec plaisir. Mon service auprès de votre fille me prendra encore un certain temps, mais il ne devrait pas être dérangé par l'attention que demandera cette jeune fille si celle-ci manifeste la moindre prédisposition pour les arts dont je suis familière. Il n'était pas nécessaire de me demander mon aval, mais je vous en suis reconnaissante. »

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Warui XIII
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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Jeu 5 Oct - 16:06

Croisant le regard de Zima, Warui rougit sous sa fourrure immaculée. Elle avait oublié de la prévenir, croyait l'avait mise au courant mais à en juger par les dagues que ses iris lui lançaient, elle avait très assurément oublié, encore une fois. La Farid tentait de rester droite et impassible mais ses oreilles tressaillirent légèrement vers le bas en signe de honte, sa queue restait collé contre ses jambes. Loke, assis à ses côtés, était immobile et reniflait les odeurs délicieuses qui venaient de la direction de Shelumiel. Il commençait à baver un tantinet, ses léchant les babines.

Surric regardait tout le monde à tour de rôle. Elleira avait toujours assumé la pleine authorité depuis le début et ça lui plaisait ainsi, il n'avait jamais été un meneur, il préférait recevoir les directives. Il était un observateur, le bras droit de sa jarl et épouse.

La réponse de Siiko ne se fit pas attendre et était exactement ce qu'Elleira s'attendait à entendre de la part de l'enfant. Zima se leva à son tour, proclamant être prête à prendre Siiko sous sa tutelle, en plus de sa fille. Tout ce qui devait être dit avait été fait. Quelques secondes s'écoulèrent avant que la jarl ne se lève, un grand sourire sur le visage. Surric se pencha à son oreille:

- Je vais aller un oeuf à assigner à Siiko, murmurra-t-il.

Il passa auprès de Warui de la jeune enfant, en chemin pour sortir de la pièce.

- Quand vous aurez fini de votre côté, j'aurais besoin de Siiko aux étables, dit-il d'un oeil complice.
- Un oeuf potentiel? demanda Warui excitée.
- Un? J'ai une couvée qui n'attends que ta soeur, mais un oeuf qui sera choisi! On se voit plus tard!

Warui regarda Siiko, des étoiles dans les yeux, pendant son père continuait son chemin.

- Un dragon à toi! On va pouvoir se promener partout avec nos propres dragons!

Les portes du hall se refermèrent. Elleira dit à Zima et Shelumiel de la rejoindre, ainsi que Warui et Siiko. Quand tous fûrent auprès d'elle, elle expliqua la suite:

- Maintenant, c'est bien d'avoir dit et promis devant témoins mais il faut également l'écrire pour sceller les termes. Siiko, Zima, Shelumiel... vous aurez la chance, et le privilège, d'être les seuls personnes en dehors des Sytha qui auront eu la chance de mettre pied dans les Archives du clan. Ceci est un grand honneur mais... on ne touche à rien.

Elleira avait levé un doigt, comme une mère qui avertissait son enfant d'une bêtise possible. Une fois tous prêts, elle les emmena avec elle à travers les couloirs et descendit jusqu'au sous-sol. Durant le trajet, Warui s'adressa à sa tutrice:

- Je... je voulais m'excuser... pour hier... j'étais allée aux étables, Papa pensait que le cours était déjà passé, et il m'a laissée aller avec Freya... mais en même temps j'aurais pas pu sauver Siiko si je serais pas partie... s'excusa-t-elle incapable de la regarder dans les yeux.

Elleira s'arrêta devant une simple porte de bois munie d'une serrure. La Farid bleue sortit une clé de sa chemise, et dévérouilla la porte pour l'ouvrir et les inviter à entrer. Une grande salle remplie d'étagères garnies de papiers et de parchemins, divers objets, des gravures, des peintures. Ce qui sautait aux yeux était que tout, mais absolument TOUT, était catalogué et rangé selon une logique très précise. Ils passèrent devant divers récits historiques, certains politiques, d'autre artistiques, des reliques appartenant à des jarls ayant vécu il y avait des centaines d'années auparavant, leurs armes, leurs armures. Ils entrèrent dans la section où les portraits étaient alignés sur les murs, aucune génération ne manquait.

- Excepté pour quelques parchemins, c'est ici l'aile la plus importante, expliqua Elleira.

Son propre portrait était le premier du couloir, suivi de sa mère, Freya Sytha, puis sa grand-mère, Asta Sytha et ainsi de suite...

- Car, à la fin, où se trouve le registre, se trouve la plus grande fierté de la famille.

Quand ils se retrouvèrent au fond, un énorme livre reposait sur un piédestal, les feuilles jaunies, le cuir souple, les écriture encore visible malgré plus de 3000 ans d'âge: SYTHA. Elleira posa une main sur livre et récita une brève prière en fixant ce qui était en effet le plus grand trésor contenu dans les archives: le cadre prenait tout l'espace sur le mur derrière le livre, chaque coup de pinceau, chaque goutte de peinture, la toile elle-même... tout était aussi vivant et net que le jour où le portrait avait fait, quand le clan avait été fondé. Car le portrait qui régnait sur l'histoire des jarls de Woktal... n'était nul autre que le portrait de la fondatrice, Warui Sytha elle-même, dans toute sa splendeur. Warui, Gersemi, n'avait jamais vu le tableau mais un point lui sauta aux yeux, à l'exception des cheveux noir d'ébène de son ancêtre, elles étaient identiques...

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Siiko
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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Dim 8 Oct - 16:25

Siiko eut un sourire jusqu'aux oreilles quand Surric annonça qu'il aurait besoin d'elle aux étables. Il confirma qu'un œuf l'attendait. Warui communiqua sa joie à la fillette qui sautilla de joie. Un œuf ! Un dragon ! C'était le plus beau jour de sa vie !

- Oh ! Warui ! J'ai tellement hâte de voler dans le ciel avec nos dragons !

Elleira déclara qu'ils allaient entrer dans les Archives, un endroit apparemment interdit au public et réservé à la famille Sytha. Elle avertit néanmoins qu'il fallait ne pas poser ses doigts n'importe où. Siiko hocha de la tête en guise de promesse et suivit le groupe dans les couloirs. Durant le trajet, Warui s'approcha de la Farïd qui était assise à la table, quelques minutes auparavant. Le second marchait à ses côtés. L'héritière bredouilla des excuses et se justifia sur l'annulation de sa leçon de magie. Donc, cette femme était la fameuse tutrice qui lui donnait des cours... Warui s'attendait à de sévères réprimandes. Pour la soutenir, Siiko ajouta :

- J'étais complètement gelée, vous savez ! C'est de ma faute si elle n'a pas pu venir, ne la disputez pas s'il vous plaît !

Sa voix était presque suppliante ou alors, Siiko feignait la pitié malgré elle. Elle n'avait pas envie d'être une source de problèmes pour tout le monde. Aujourd'hui, enfin, durant les premiers mois, elle voulait faire bonne impression et montrer qu'elle était digne de faire partie de cette famille. La famille Sytha, les plus proches du roi. Ces mots ne cessaient de se répéter quand elle pensait à son adoption.

Elleira s'arrêta devant une porte. À son allure, Siiko n'aurait jamais deviné que les Archives se situaient derrière. La jarl la déverrouilla et le groupe entra. La fillette s'exclama d'admiration face aux trésors de papier et de peinture. Il devait y avoir tout le savoir de Syab dans cette pièce ! Siiko contemplait tous les portraits de famille. Elle était si captivée par ces nobles visages qu'elle dut se rappeler de suivre les autres.

Ils arrivèrent enfin devant un énorme livre aux couvertures de cuir. Malgré son parfait état, Siiko devina qu'il était très vieux. Elleira posa une main dessus et récita une prière. La gamine resta immobile et la regarda dans le plus grand des silences, comme elle avait coutume de le faire durant les messes, à Hyi. Bon, il lui arrivait de faire l'imbécile durant ces cérémonies ennuyeuses mais après un sermon, elle restait calme au cours des suivantes.

Ses yeux se levèrent sur un portrait et Siiko écarquilla les yeux en voyant Warui. Non pas son amie, mais bien l'autre Warui, la déesse de la Liberté. La gamine ne connaissait pas sa représentation farïd mais elle sut que c'était une personne très respectée. Après la prière d'Elleira, elle se pencha vers Warui et lui murmura :

- Ça alors ! Tu ressembles à ton ancêtre ! Deux vraies jumelles !
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Zima Targavin
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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Mar 10 Oct - 5:53

Les paroles de Surric me laissent pantoise et les bras m'en tombent le long du corps, tout ballants. J'ai la bouche entrouverte sous le coup de la nouvelle (des nouvelles, et ce bien au pluriel !) qui me fait l'effet d'une chute du sommet de la tour d'amarrage. Les mots-clefs de sœur et d'œuf n'ont pas été prononcés au hasard et sont lourds d'un sens que mon esprit ne veut pas saisir tant cela m'apparaît aussi absurde qu'inouï. Le temps que je me convainc de ce que je viens d'entendre, et Elleira nous entraîne à sa suite, dans les exclamations enthousiastes des adolescentes ; avant de nous conduire dans les Archives, la jarl insiste sur la conduite que nous avons à y adopter, les précieux ouvrages étant dans leur grande majorité plus anciens qu'aucun de nous ne le serait jamais – et elle tient légitimement à ce que leur bonne conservation ne cesse pas sous sa gouverne. Je ne crains pas que Shasta y jette un dévolu dangereux, son intérêt pour les livres se bornant à qui voudrait bien lui en lire un ; j'en profite donc pour m'approcher, anxieuse, de ma protectrice pour lui faire part de mes inquiétudes, à voix suffisamment basse pour ne pas briser les envolées joyeuses des deux jeunes filles. Je mobilise tout ce que mes contacts passés avec le Conseil et sa politique m'ont appris pour trouver les mots. Les bons mots.
    « Ma jarl, est-ce bien prudent d'offrir à cette petite humaine l'une des vouivres de votre haras personnel ? Beaucoup de vos dragonniers ont dû se procurer eux-même l'œuf de leur monture et les éduquer dans un environnement où l'étiquette ne pouvait être transmise que par leur main propre sans qu'ils puissent compter sur l'aide des géniteurs … et ce faute de moyens. Je ne crois pas que Siiko est ici depuis bien longtemps … il faudrait peut-être à vos plus fidèles dragonniers, thanes et chefs de rencontrer cette enfant avant de lui offrir de tels présents » puis d'ajouter en emphase : « … et honneurs. »
Qu'importe la nature des présents, ceux d'un jarl sont toujours pleins de responsabilités à tenir, et cette enfant risque de ne pas avoir les épaules pour porter tout ce que cette extrême générosité va impliquer par la suite. À son adresse, je ne peux m'empêcher d'avoir un regard compatissant. Et le contenu des excuses de Warui d'aggraver celui-ci encore : hier ! Elle est ici depuis hier seulement ! Je me retourne vers l'albinos qui a soigneusement évité mes yeux et mes réprimandes jusque là, vaillamment secourue dans sa défense par son amie. En silence et le pas plus mesuré alors que nous poursuivons notre route toujours plus bas vers les Archives, je détaille les deux enfants avec soin avant de soupirer.
    « Warui … je n'attendais qu'un mot. Juste avant de partir. Ne serait-ce que d'un messager. Un mot seulement. Quand tu as choisi de sécher, tu n'avais aucune idée de ce sur quoi tu allais tomber. Ça ne changera rien, maintenant : on ne peut pas retourner dans le temps, » je secoue la tête et dans le cliquetis chantant de mes tresses et breloques, je plante mes yeux dans les siens : « j'espère seulement que l'héritière du titre de jarl de Woktal prendra un jour à cœur sa propre éducation ainsi que le bien-être de ses gens. »
Nous arrivons finalement à la dernière serrure qui nous sépare des registres et des contrats les plus précieux des Sytha ; des connaissances que ceux-ci ont engranger année après année, siècle après siècle ; lois et édits ; portraits et gravures. Nul besoin des expositions fières d'Elleira pour savoir quelle fierté est ce lieu tout autant que son contenu, car au loin, accrochée à hauteur d'yeux, la déesse mère du clan elle-même pose les siens sur les nouveaux arrivants. Nous marquons tous un temps d'arrêt devant la personnification de la Liberté qui nous accueille : surpris pour Warui, curieux pour Shasta, religieux et taquin pour notre jarl, terriblement enthousiaste pour l'humaine qui nous accompagne. Alors qu'Elleira prononce les prières rituelles devant l'épais registre familial, je me surprends à me dire que j'ai perdu la foi précisément en arrivant sur les terres où elle est née ; comment dois-je prendre la perte de ma liberté à l'égide de ceux qui s'en targuent les descendants ? Suis-je sous le coup d'une peine divine, à faire pénitence pour le rachat de fautes que rien ne réparera jamais ?

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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Mar 10 Oct - 12:12

Elleira avait ralenti en remarquant Zima qui s'approchait, très visiblement pour lui parler en privé. Gersemi et Siiko discutaient joyeusement, les deux enfants étaient extatiques. La jarl, moins. Certaines de ses réserves trouvèrent leurs mots chez la jeune tutrice, elle ne pouvait le nier, et elle repensait à la cause de ses soucis présents... il allait passer un sacré savon, elle le jurait! Elleira s'assura que les petites ne pouvaient les entendre avant de répondre à Zima:

- Surric... quand Gersemi a ramené Siiko... je ne savais aucunement quoi faire mais je savais quelques choses: elle cache ses origines et sa magie, elle n'est pas ce qu'il y paraît et elle est un risque.

La jarl l'avait dit. Malgré la joie habitant l'Humaine, sa future 'mère' ne lui accordait pas encore assez de confiance.

- Surric a déclaré tout haut et fort qu'elle pourrait rester en tant qu'écuyère... quand leur regards se sont illuminés... quel choix avais-je mais d'accepter... je le voyais déjà que l'offre était acceptée. Une telle offre sur un coup de tête, parce qu'il est incapable de penser plus deux secondes, siffla Elleira. On ne peut pas dire que ma fille tient ça du voisin...

La Farid bleue eut un soupir.

- Je comptais organiser une rencontre entre elle et le reste de mes troupes. Surric dit que l'oeuf ne sera prêt que dans un mois, il est tout aussi excité qu'elles...

Elleira se frotta le visage, visiblement en train de réfléchir à comment assembler tous les morceaux ensembles sans briser le casse-tête.

- Je sais que Gersemi suivra Siiko partout et je sais que toi et ton frère suivrez ma fille peu importe où elle ira... si elle se donne la peine de vous en parler... j'aimerais que tu gardes un oeil sur la petite, que tu m'informes si le moindre détail te semble suspect et si possible de l'aider à développer sa magie. Je pouvais la sentir avant même de la voir.

Si seulement son mari n'avait pas lancé cette idée. Elle aurait plus de temps pour y penser et les espoirs des deux enfants n'auraient pas été aussi hauts.

- Il va souffrir ce soir...

Après l'échange entre Elleira et Zima, ce fut au tour de Warui d'y goûter. Le ton plein de reproches de sa tutrice lui poignardait sa bonne humeur à répétition. L'albinos n'avait aucune excuse, tout ce qu'elle pourrait dire ne serait qu'une attente futile à garder son 'honneur' mais elle savait bien qu'elle n'en avait pas encore. Zima avait un excellent argument: qui sait sur quoi elle aurait pu tomber? Avec un vaisseau Drow si près, elle aurait pu être enlevée, des vouivres auraient pu l'attaquer, des assassins auraient pu lui tendre une embuscade, ou la tuer. Gersemi trembla visiblement à cette pensée. Elle tenta de répondre à sa tutrice lorsque celle-ci évoqua sa future position mais aucun mot ne put franchir ses lèvres. C'était le dernier couteau à planter. Les oreilles de Warui baissèrent et elle regarda le sol, tentant de rester joyeuse pour Siiko.

Gersemi sortit de sa torpeur face au portrait de Warui quand Siiko lui en parla. Elle avait raison, elles se ressemblaient tellement. Ayant fini la prière, Elleira se tourna vers sa plus jeune, un sourire fier sur le visage.

- Je ne l'ai pas nommée Gersemi pour rien.

Elle se souviendrait toute sa vie: une nuit tranquille mais un renard blanc, dans ses rêves, qui lui avait annoncé sa fille. Warui lui avait dit que sa cadette serait spéciale et bénie et quelle surprise elle avait eu en la voyant à sa naissance. Elleira ouvrit le livre et feuilleta ses pages jusqu'aux dernières inscriptions. Elle prit la plume posée à côté du grimoire et se tourna vers Siiko, un léger sourire inquisiteur aux lèvres.

- Comme le veut la tradition familiale, la mère se doit d'écrire le nom de ses enfants, leur nom de mage... et leur vrai prénom. Les seuls à connaître ton vrai nom seront Zima, Shelumiel, Warui, Surric et moi-même. Surric et moi en tant que parents, Warui en tant que ta soeur, Zima et Shelumiel en tant que tuteurs. Mais aussi...

Elleira pointa le portrait de Warui derrière elle.

- Elle.

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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Jeu 12 Oct - 12:21

- Alors... G... Gersemi est comme la déesse ?

Quelle étrange sensation de nommer un mage par son véritable prénom ! Siiko avait l'impression de braver un interdit, d'insulter son amie. Cependant, elles allaient être sœurs et elle pourrait l'appeler Gersemi. Mais les prêtresses avaient tellement insisté sur cette règle que la fillette n'osait plus l'enfreindre. Et son pseudonyme ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Celui de Siiko était celui d'une dragonne, comme la plupart des orphelins au sang draconique. Mais pourquoi celui d'une déesse ? C'était un immense honneur !

Elleira saisit la plume qui était posée près du livre et énonça la tradition. Siiko devait révéler son véritable prénom. À vrai dire, la règle lui fit un choc. Comment la jarl savait qu'elle était magicienne ? Lui demander son vrai nom, c'était comme si on lui annonçait qu'elle avait été une autre personne dans une vie lointaine. Siiko avait gardé son prénom ancré au plus profond de son âme, comme le plus précieux des trésors. On lui avait toujours averti qu'elle ne devait le dire à personne car elle perdrait ses pouvoirs. Elle ne se souvenait plus si elle l'avait déjà dit auparavant. Pour elle, elle s'appelait Siiko et elle avait entendu ce nom dans la bouche de tous ceux qu'elle connaissait, même des plus proches.

Siiko resta silencieuse un moment et regarda chaque personne, la déesse y compris, avant de planter son regard dans celui de sa future mère. Puis, son prénom sortit des abysses de son cœur et raisonna dans toute la pièce :

- Hazel. Mon vrai prénom est Hazel. Siiko est mon pseudonyme de magicienne.

Une bouffée d'air chaud la submergea. Elle ignorait si c'était la magie en elle qui était outrée pour avoir révélé son secret ou si c'était la gêne. Siiko, qui désobéissait souvent, se surprit à craindre d'avoir commis une bêtise.

- Est-ce que je vais connaître vos noms, à vous et à mon... mon père ?

Avoir des parents quand on avait vécu dans un orphelinat, en voilà aussi un drôle de sentiment !
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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Jeu 12 Oct - 13:55

L'hésitation de Siiko donna un sourire à Elleira. Warui s'était sans doute présentée sous son nom de mage et pour la jeune humaine, ce nom était celui de l'héritière. Regardant le portrait de Warui, la jarl répondit à Siiko:

- Warui a décrété, alors qu'elle était encore à Alserd, à ses enfants et ses petits-enfants, que chaque treizième fille Farid à la fourrure blanche porterait son nom en tant que nom de mage, que celle-ci ait de la magie ou non. Gersemi est la treizième Sytha à la fourrure blanche, de la lignée continue des jarls de Wotkal, depuis Warui la Douzième, elle a donc hérité du nom de son ancêtre en plus de son vrai prénom. Et elle n'a pas hérité que la fourrure.

La jarl faisait référence aux yeux rouges de sa fille qui observaient le tableau avec un intérêt non dissimulé. La jeune albinos s'approchait tranquillement de la relique, hypnotisée. Elle n'avait jamais vu le portrait auparavant. Et elle comprenait pourquoi elle était spéciale aux yeux de son clan, qu'elle n'avait pas seulement la fourrure mais les yeux de la déesse, un trait que le Faryd ne pouvaient avoir à moins de modifier leur apparence et elle était née ainsi. La déesse regardait les invités en son domaine, ou une part de son domaine, surveillait les moindres faits et gestes. Gersemi ne pouvait secouer cette sensation qu'ils étaient tous observés. Loke se colla contre ses pattes, couina faiblement pour attirer son attention. La Farid examinait l'épée que Warui tenait à la main dans le tableau... Ragnarök ressemblait un peu à son arme sans être identique. Sans doute l'épée avait été forgée en ayant l'épée de Warui en tête.

Elleira n'était pas surprise de la réaction de Siiko. Ce qui agrandit son sourire.

- Je pouvais sentir ton potentiel magique avant même de te voir en personne, tout comme je savais déjà que Zima était mage avant qu'elle ne me dise. Ça vient avec la pratique.

Ce qui permettait à l'adulte de ressentir la présence de sa soeur, de tous les mages aux alentours, de savoir où ils se trouvaient. Bien qu'elle n'y portait pas constamment attention, la quantité d'information était si volumineuse qu'elle devenait étourdie si elle essayait sur une longue période. Elle attendit la réponse de Siiko, qui ne tarda pas à venir. Elleira s'inclina légèrement devant elle et se retourna pour écrire dans le grimoire, en dessous de son nom et à côté de celui de sa fille cadette: Hazel Siiko Sytha.

Elle avait une question à poser à Zima et Shelumiel mais Siiko la devança. Les nom de ses nouveaux parents? Elleira ne doutait aucunement que Surric ne se gênerait pas, il était plus un guerrier qu'un mage, sa famille l'appelait par son nom de temps en temps. Pour Elleira, cependant... son regard s'assombrit, les blessures de plus de 20 ans passés étaient encore bien présentes.

- Surric n'y verrait aucun inconvénient... mais...

La jarl prit une bonne inspiration.

- ... on verra un jour...

Warui se tourna vers Siiko:

- Même moi je connais pas le nom de Maman, personne le connaît, sauf Papa et tata Rhyas.

Zima ignorait le nom de la jarl également mais pour d'autres raisons que la jeune signeuse connaissait sûrement. Ladite jarl tendit la plume en direction de Zima et Shelumiel.

- Aimerais-tu ajouter vos nom au registre? Même si ça ne fait que deux ans, vous en avez fait beaucoup, et, à mes yeux, vous avez prouvé allégeance à maintes reprises. Alors, je me suis dit, que peut-être vous aimeriez être considérés part entière de la famille?

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MessageSujet: Re: Sous l'égide du jarl (PV Siiko-Zima)   Sam 14 Oct - 14:04

[Musique]

La dirigeante m'accorde le point de la logique et me confie ses propres doutes à l'égard de la jeune mage et de son attitude par trop dissimulée au goût de notre protectrice. Je lui jure à voix basse de ne rien manquer du comportement de l'enfant et d'en rapporter tous les détails avant de revenir au niveau des deux adolescentes extatiques (non sans avoir eu un sourire de compassion pour Surric à sa dernière remarque – j'aimerais lui dire de pas être trop sévère, mais je ne me sens curieusement pas le cœur à conseiller mon jarl sur comment traiter ses sujets … cette fois, du moins). Sa fille semble avoir manifesté une oreille attentive à mes remarques et y médite jusqu'à ce que sa mère sorte de prière pour convier son humaine à nous faire part de son identité complète, à dessein d'en faire une fille Sytha. Son nom a bien du mal à s'échapper de sa gorge ! Celui-ci sonne joliment, je trouve ; Shelumiel ne se gêne pas pour le faire remarquer ; quant à moi, je ploie devant elle avec chaleur :
    « Je vous souhaite la bienvenue dans la maison des Sytha, jeune fille. J'espère que vous avez conscience de l'honneur qui vous est fait aujourd'hui, ainsi que des responsabilités que cela implique : en tant que fille adoptive – et plus encore : en tant qu'humaine – vous serez amenée à vous montrer plus digne et plus respectueuse encore des valeurs du clan qu'aucune autre des filles Sytha. »
Je lève la tête pour la regarder bien en face et dans les yeux.
    « J'ai conscience qu'il s'agit-là d'une responsabilité très pesante pour les épaules d'une fille aussi jeune, mais le moindre écart de conduite de votre part serait un bien mauvais service rendu à la jarl qui vous a offert son hospitalité autant que sa protection, et ce devant ses thanes et le reste de son Conseil. »
J'adresse autant ces mots à elle qu'à moi, aussi je m'éclaire vite d'un sourire et adopte pour elle un ton moins grave quand je poursuis :
    « Bien entendu, en tant que fille Sytha, je suis à votre entière disposition. Je serai tout à fait ravie de vous offrir mes services en matière de magie si vous en avez les capacités. Vous pourrez partager les cours que je donne à votre sœur, en attendant de se faire une idée précise de votre profil d'apprentissage. »
J'appuie mes dires en balançant chacune de mes trois queues selon une chorégraphie précise, rappelant où j'en suis de mes connaissances par leur nombre. Quand la petite humaine aux cheveux dorés si familiers manifeste sa curiosité pour le nom de sa nouvelle mère, mes yeux ne peuvent s'empêcher de glisser sur le registre laissé ouvert sur son pupitre ; je me doute bien que ce secret, Elleira saurait le garder tant qu'elle serait devant moi. C'est pour cette raison que la proposition de la jarl, plume levée au-dessus du livre imposant, me prends de cours. La biche happée en pleine course ne saurait être plus surprise que je ne le suis en cet instant où tous les yeux se posent sur moi et attendent. Après seulement deux ans, la Dame nous offre ainsi de nous adopter. Je suis frappée d'hébétude et ne sais que faire passer mes yeux de mon frère à notre protectrice, les retenant quelques fois sur Siiko. À ma manche, je sens la pression des mains de Shel dont les grands yeux noirs se sont braqués sur moi ; j'ai moins l'impression qu'il attend ma réponse plutôt qu'il essaie de me dire lui-même quelque chose. Le voir ainsi aux abois me donne le courage de demander, dans un filet de voix, s'il nous est possible de nous entretenir l'un et l'autre un peu à l'écart avant de nous prononcer ; ce que nous obtenons facilement de la mage de guerre.

L'un et l'autre, observés au loin par Warui elle-même, débattons à voix basse ; dans la discussion qui s'en suit, je comprends soudain les raisons à certaines des réactions de mon cadet. Je ne peux m'empêcher d'avoir pour lui un fort élan de compassion, en même temps que je jette de ci, de là, quelques œillades timides dans la direction du trio. Une fois ses explications terminées, je souris à Shel ; je hoche la tête, lui adresse quelques mots rassurants et le prends dans mes bras. L'enfant se laisse faire sans problème et noie sa figure dans la fourrure de mon col. Nous nous levons, revenons dans le cercle qui entoure le registre. Elleira nous y attend toujours, plume offerte. Je regarde le précieux objet qui m'ouvre le chemin vers l'ouvrage contenant le nom de tous les Sytha, et donc celui de ma protectrice. À celle-ci, j'adresse un sourire, comparant en esprit cette offrande à la manière dont elle a elle-même inscrit Hazel. Dans un même mouvement, parfaitement synchronisé, mon frère et moi nous inclinons.
    « C'est un grand honneur que vous nous faites, ma jarl ; je ne saurais vous dire comme cela me touche. Vous qui nous avez recueillis quand tous se sont détournés, vous nous offrez aujourd'hui la possibilité de partager le nom de votre sang. Et c'est pour cette raison … »
L'émotion me pousse à reprendre une inspiration difficile avant que les mots n'aient accumulé suffisamment de bravoure pour oser dépasser mes lèvres :
    « … que nous allons refuser, » avant d'entrer dans les précisions : « accepter serait un bien mauvais service que nous vous ferions, à la face des autres jarls et du bon terme qu'il convient de maintenir entre eux et vous. Qui plus est, accepter de porter le nom de Sytha alors même que les Targavin ont tant sacrifié pour nous serait d'une ingratitude crasse pour notre mère autant que notre oncle. Croyez bien que cela ne changera en rien notre engagement ni notre affection pour vous, et que refuser ainsi nous peine, Shel tout autant que moi. J'espère que cela n'entamera pas la confiance que vous avez placé en nous. »
Malgré mes sourires, je m'interroge sur la valeur de cet honneur alors que je repense aux doutes précédemment exprimés au sujet de Siiko, mais aussi à la nécessité que j'aurai maintenant à observer l'enfant. Je connais l'esprit stratège de mon jarl, et je ne peux m'empêcher de me demander si elle était capable d'aller si loin pour veiller au grain.

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